Psychologue, auteure & conférencière

Communiquer, bien plus que du blabla…

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Certains parlent plus que d’autres. Ils ont toujours des choses à dire ou à raconter. Leurs anecdotes sont savoureuses, croustillantes, amusantes. On leur reproche, parfois, de prendre beaucoup de place, trop de place. D’autres préfèrent écouter, prennent le temps de le faire. Ils sont un bon public pour les personnes qui ont la parole facile, les envient parfois. Que nous soyons émetteur ou récepteur, nous avons un rôle important à jouer afin que la communication se passe bien.

            En tant qu’émetteur, demandons-nous quelle est notre intention, c’est-à-dire précisons ce que nous voulons dire ou obtenir afin d’être en mesure de l’exprimer clairement à l’autre de sorte qu’il n’ait pas à lire entre les lignes. Même si nous aimons parler, évitons les longs monologues et ne nous éparpillons pas en sautant du coq à l’âne  pour ne pas perdre l’attention de l’autre. Ne mettons pas tout dans le même panier en faisant des généralisations et en utilisant des toujoursjamaischaque fois, qui risquent de mettre la personne avec qui nous nous entretenons sur la défensive. Mettons-nous plutôt à sa place et demandons-nous comment elle se sentira ou réagira face à nos propos. De cette façon, nous nous abstiendrons de jugements, ne l’affublerons pas d’étiquettes, ne lui ferons pas la morale et ne lui adresserons pas de remarques désobligeantes.

            Apprenons à nous exprimer de façon constructive et non accusatrice. Afin de ne pas blâmer l’autre, il est suggéré de parler à la première personne. Ainsi, nous pouvons dire: Je suis déçu que tu n’acceptes pas de m’accompagner au cinéma, plutôt que: Tu me fais de la peine en refusant mon invitation. Faisons attention afin de ne pas déguiser le message au « je » en nous servant du « je » pour critiquer l’autre. Je te trouve blessant est un exemple « d’un faux je » qui peut susciter une attitude défensive chez l’autre. Il serait préférable de dire quelque chose comme : Je suis blessé par tes paroles. Rappelons-nous que le message en « je » comporte cependant des risques lorsque la relation n’est pas égalitaire.

            Quand nous sommes dans la position de récepteur, laissons l’autre exprimer sa pensée jusqu’au bout, sans l’interrompre. Démontrons-lui notre intérêt en lui posant des questions : Comment tu vois ça? Comment tu te sens? Qu’est-ce que tu veux?  Encourageons-le à parler en lui disant, par exemple : Je t’écoute. Continue. Ne pensons pas à ce que nous avons l’intention de lui répondre, consacrons-lui toute notre attention. Regardons-le, ne faisons pas autre chose lorsqu’il s’adresse à nous et évitons les distractions.

            Plutôt que de jouer aux devinettes ou de faire des suppositions, nous avons tout intérêt, que nous soyons émetteur ou récepteur, de demander du feed-back à l’autre et de ne pas sauter aux conclusions sans vérification. Pour nous assurer d’avoir bien compris le message qui nous a été transmis, nous pouvons le reformuler : Si j’ai bien compris, tu veux dire… Prenons aussi l’habitude de vérifier si notre interlocuteur a bien saisi l’essentiel de nos propos : Peux-tu me résumer ce que tu as compris?

                  Lorsque nous échangeons des points de vue et que nous sommes d’accord avec l’autre, faisons-lui en part honnêtement. Quand l’inverse se produit, reconnaissons que son point de vue est important à ses yeux et qu’il a du sens pour lui. Ne cherchons pas à le convaincre coûte que coûte.

                  Puisque la majeure partie des messages que nous transmettons se fait sur le mode non verbal et que ce type de communication influence considérablement l’ensemble de nos échanges, il est capital de tenir compte de ce qui ne se dit pas lorsque nous communiquons.  Ainsi, tenons compte du ton de notre voix, de nos expressions faciales, de notre posture, de nos gestes et de ceux de la personne avec qui nous nous trouvons. Ces signes non verbaux sont révélateurs. Ils peuvent renforcer, compléter, nuancer ou même contredire le message verbal.

                  La communication est la pierre angulaire de nos relations. Elle les colore, les enrichisse, mais peut aussi les fragiliser. À nous d’en développer les habiletés. 

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